La France fait face à une nouvelle reprise de la circulation virale. Ce samedi 11 juin, les autorités ont enregistré plus de 17 000 nouveaux cas de contaminations au SARS-CoV-2 : en une semaine, l’Hexagone recense ainsi plus de 23 000 nouvelles infections au Covid-19. Encore loin certes des 360 000 contaminations quotidiennes que nous avions connues en janvier dernier, mais le virus regagne à nouveau du terrain, notamment dans certains départements français.
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C’est le cas entre autres à Paris, où le taux d’incidence, le plus élevé du pays, plafonne désormais à 373 cas pour 100 000 habitants. La capitale fait partie des six départements français où cet indicateur a passé la barre des 300 contaminations pour 100 000 habitants : la Corrèze (356 cas), la Haute-Vienne (326), les Yvelines (311), le Val-de-Marne (304) et les Hauts-de-Seine (344). La carte ci-dessous montre ainsi le taux d’incidence de chaque département français ainsi que son évolution en une semaine (si aucune carte n’est visible, merci de désactiver votre bloqueur de publicité).
C’est d’ailleurs en Corrèze que la circulation virale a le plus augmenté ces derniers jours : le taux d’incidence a grimpé de 60% en seulement une semaine, entre le 1er et le 7 juin. Viennent ensuite Paris (+44,9%) ou encore la Savoie (+44,3%). Localement, en Occitanie, c’est dans le département du Gard que cette hausse est la plus prononcée (+38,76%), bien que le département de la Haute-Garonne affiche le taux d’incidence le plus élevé de la région (269,82 cas).
Un rebond porté par BA.4 et BA.5
Ce rebond épidémique est avant tout porté par deux variants qui gagnent progressivement du terrain dans le pays. BA.4 et BA.5, qui ont été détectés en Afrique du Sud à l’origine, représentent désormais plus de 19% des contaminations au virus dans l’Hexagone. Les scientifiques se questionnent sur les mutations observées sur ces deux variants, petits frères d’Omicron. Ces mutations donnent de précieuses indications sur les possibles conséquences de la prochaine vague d’infections :
La mutation L452R d’abord avait déjà été détectée chez le variant Delta. Elle “est associée à une plus grande affinité du virus avec le récepteur ACE2 qui permet au virus d’infecter les cellules humaines. On peut donc avoir affaire à un variant plus transmissible qu’Omicron mais pas nécessairement à une souche associée à une plus grande sévérité. Une seconde mutation appartenant à ces deux sous-lignages pose également question : il s’agit de F486. Cette mutation “est associée à une réduction de la neutralisation des anticorps et pourrait donc en effet jouer un rôle important dans l’échappement vaccinal”.
Reste à savoir comment ces deux variants vont se propager sur le territoire dans les mois qui viennent et quelle incidence elle aura pour les Français. Pour les scientifiques, l’été qui s’annonce est incertain. “Le Covid-19 va rencontrer une population qui perd peu à peu en immunité. C’est ce qui s’est passé avec BA.2. Dans cette équation à plusieurs inconnues, il n’est pas exclu qu’on ait un retour de patients Covid à l’hôpital en plein été”, affirmait le Dr Benjamin Davido dans nos colonnes ce samedi.